20251116 - Plateforme numérique - oligopole - construction - effets

Si la Silicon Valley incarne l’épicentre de l’innovation technologique, elle peine en revanche à faire preuve d’originalité dans sa gestion de la concurrence face aux nouvelles avancées.

Au commencement, les acteurs se multiplient. Ils rivalisent par la qualité de leurs services pour s’imposer sur le marché. Les investisseurs, prêts à accepter des pertes initiales, parient sur les entreprises les plus prometteuses. Les géants du numérique, sans exception, ont débuté leur ascension en accumulant des déficits colossaux.
L’enjeu ? Construire une infrastructure coûteuse et conquérir le marché en proposant des services gratuits ou à perte, avec une promesse : ces sacrifices financiers se transformeront en profits considérables une fois le monopole ou l’oligopole installé.
Même si les États-Unis ont décidé de reprendre le contrôle, les jugements récents restent favorables au maintien de ces situations d'oligolopole, comme Meta en 2025 (2)
À ce stade, le client n’est plus la priorité — il est captif. Même les entreprises qui dépendent de ces plateformes utilisées comme régies publicitaires, perdent leur influence, victime de la "merdification" du système. Seuls les actionnaires pionniers (et les dirigeants historiques) bénéficient alors d’une rente juteuse, fruit de leur prise de risque initiale.

Les sociétés en intelligence artificielle reproduisent aujourd’hui ce schéma.
OpenAI (ChatGPT) en est l’illustration frappante. Son projet est d’investir 1 400 milliards de dollars dans des data centers sur huit ans alors qu'elle perd déjà beaucoup d'argent en dépit d'un chiffre d’affaires de 13 milliards en 2025 (et des projections à 25 milliards pour les années à venir) (1).
Conscientes de la nature démesurée du risque et l'explosion possible d'une bulle spéculative, ces mêmes entreprises commencent à réclamer une intervention des pouvoirs publics, afin de sécuriser le prix des puces électroniques via des garanties fédérales. Un mécanisme qui rappelle le principe délétère du « privatiser les bénéfices, socialiser les pertes », déjà à l’œuvre en 2008 lors du sauvetage des institutions financières après la crise des subprimes.

Ironie de l’histoire : ces mêmes institutions, sauvé en dépit de leur comportement irresponsable, se montrent intransigeantes avec des demandes de financement "classiques". Un dossier qui présenterait ainsi le ratio d’endettement aussi irrationnel et irresponsable que celle d'OpenAI n'aurait aucune chance d'être étudié.
Mais la promesse d'un immense gain - et la cupidité - rend précisément une partie des acteurs économiques irrationnels et irresponsables, notamment des grandes banques qui financent lourdement ces infrastructures.

Références/ Inspirations

  1. lemonde.fr-les doutes s'accumulent sur le modèle économique de l'entreprise derrière ChatGPT
  2. 20251116 - Plateforme numérique - oligopole - construction - effets

Liens

20251102 - Plateforme numérique - merdification - constat

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