20251029 - Réseaux sociaux - déclin - analyses

Le Financial Times du 3 octobre 2025 annonce un tournant : après un pic historique en 2022, l’utilisation des réseaux sociaux recule notamment chez les 16-24 ans (sauf aux États-Unis, où elle progresse encore de 15 %). Pour les autres tranches d’âge, la courbe se stabilise, signe d’un désamour croissant.

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Les raisons de ce déclin sont multiples.
D’abord, la montée des contenus générés par IA, conçus pour maximiser la dopamine mais pauvres en valeur réelle. Résultat : un divertissement compulsif qui tue l’intérêt pour les échanges. Certains parlent même d’une ère d’"anti-réseaux sociaux", où les plateformes, devenues monopolistiques, privilégient la captation d’attention au détriment de la qualité des interactions.

Ensuite, loin de la promesse de 2018 de Mark Zuckerberg* de "meaningful interactions" (interactions qui ont du sens), on constate plutôt ce que Cory Doctorow appelle la "merdification" ("enshittification") : une dégradation délibérée des services, avec des algorithmes qui favorisent les contenus clivants, extrêmes et bon marché. Les utilisateurs, surtout les jeunes, se lassent de cette toxicité. Le sentiment d'isolement individuel pèse pour les animaux sociaux que nous sommes.
Le graphique du FT montre clairement ce désengagement : moins d’interactions et de partage et plus de "remplissage de vide" et de temps passé à fantasmer sur la vie des célébrités.

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La bonne nouvelle ? Ce déclin pourrait pousser à une resocialisation "à l’ancienne" : sortir, se risquer à la rencontre IRL (dans la vie réelle); simplement réinvestir le monde physique (marcher, courir, faire du vélo). Et trouver comment se désintoxiquer de ces plateformes conçues pour rendre la sortie difficile.

Mais pour le moment, TikTok, Instagram et YouTube Shorts prédominent avec des vidéos courtes qui favorisent l’engagement et les émotions.

Ce qui oblige à douter sur le fait que 2025 marque le début de la fin des réseaux sociaux ?

*« Notre travail n’est pas d’avoir des gens, chez Facebook, qui décident de ce qui est vrai et de ce qui ne l’est pas. Nous obéissons à deux principes essentiels. Le premier, c’est de donner aux gens un moyen d’expression (giving people a voice), afin qu’ils puissent exprimer leur opinion, ce qui est fondamental. Nous défendons le droit de dire des choses même si elles ne sont pas bonnes. » (3)

Références/ Inspirations

  1. ft.com-Have we passed peak social media
  2. lemonde.fr-Comment Donald Trump repousse les limites de loutrance grâce à lIA
  3. Patino - La civilisation du poisson rouge

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