20251027 - LinkedIn - réseau professionnel - évolution
Avec plus de 1 milliard de membres dans le monde et 33 millions en France, soit 90 % de la population
Avec plus d’1 milliard de membres dans le monde et 33 millions en France — soit 90 % de la population active — LinkedIn s’est imposé comme le réseau social professionnel par excellence (1). À ses débuts, la plateforme se distinguait par une ambiance corporatiste, dominée par des profils internationaux et une rigueur où tout écart hors du cadre professionnel était mal vu. Elle rivalisait alors avec Viadeo, plateforme francophone davantage tournée vers les PME et TPE.
Depuis, le paysage a profondément évolué. Viadeo a disparu des radars, tandis que LinkedIn s’est transformé en un terrain de jeu pour influenceurs autoproclamés, experts en "stratégie digitale" et autres ego en mal de reconnaissance. Le contenu, autrefois structuré et professionnel, se noie désormais dans un flot de posts génériques, souvent rédigés par des outils d’IA, aussi insipides qu’un "robinet d’eau tiède". La frontière avec Facebook s’est estompée : entre narcissisme affiché et contenu creux, la valeur ajoutée professionnelle semble s’être évaporée.
Reste une question : à quoi sert vraiment LinkedIn aujourd’hui ? A part de figurer comme la plus grande base de données de CV en ligne, on y subit plus qu’on n’y contribue, noyé dans un flux de publications stéréotypées.
Quant au "réseau", il est souvent artificiel — composé de contacts que l’on n’a jamais croisés et avec lesquels aucune interaction réelle n’est envisagée.
À l’instar des autres géants du numérique, LinkedIn a sacrifié son essence en accédant à un statut monopolistique. L’esprit originel — un espace dédié aux échanges professionnels de qualité — s’est dilué dans un modèle économique obsédé par la captation de l’attention.