20251026 - Spiritueux - neutralité - historique
Selon Alexandre Gabriel (Maison Ferrand), l’essor des alcools neutres, dépourvus d’arômes, trouve son origine dans les années 1950, porté par la vodka Smirnoff. Avec son slogan emblématique « Smirnoff leaves you breathless », la marque valorisait paradoxalement son absence d’arôme, transformant cette neutralité en une promesse de pureté, séduisante pour une expérience sensorielle inédite.
Jusqu’aux années 2000, les vodkas ont exploité ce positionnement, faisant de la pureté un argument clé de différenciation et de premiumisation. Pourtant, cet atout révèle rapidement ses limites : comme le soulignait Coluche avec humour, il est aussi difficile de surpasser le « plus blanc que blanc » pour une lessive que le « plus pur que pur » pour un spiritueux.
Aujourd’hui, les vodkas évoluent vers une communication axée sur la finesse et une reconnexion avec le végétal, bien que les procédés de distillation tendent à estomper l’expression aromatique. Aux États-Unis, la réglementation a d’ailleurs ouvert la voie à la possibilité d'une expression de la matière première pour les vodkas.
Pourtant, la neutralité persiste dans de nombreuses catégories, comme les rhums légers (historiquement associés au style espagnol) ou les blend whiskies, souvent élaborés à partir de distillats à très haut degré (94,8 % vol). Ces produits répondent à une demande constante : des boissons économiques, polyvalentes en mixologie et accessibles à tous.
La neutralité a-t-elle de l'avenir ? Oui, car elle est économique, facile à obtenir et permet de travailler sur des matières premières végétales dont on n'aurait pas un usage autre. Mais avec la montée en puissance du "boire moins mais mieux", la neutralité ne sera plus favorisée à l'avenir, en tant que tel.
Références/ Inspirations
rumporter.com-Homo Saccharhum Alexandre Gabriel l'iconoclaste
Liens
20220916 - Règlement - États-Unis - vodka