20251023 - Psychologie évolutionniste - présentation
La psychologie évolutionniste — parfois abrégée en évopsy — émerge dans les années 1970 avant d’être formalisée par les travaux fondateurs de Cosmides et Tooby (1993). Héritière directe, bien que controversée, de la sociobiologie, cette discipline propose une lecture originale de l’évolution : si les traits physiques ont été façonnés par la sélection naturelle, certains comportements ou dispositions psychologiques (et les gènes sous-jacents) pourraient, eux aussi, en porter la trace. Parmi ces traits présumés innés figurent la reconnaissance instantanée des émotions faciales ou encore l’aptitude au langage, ou à compter un petit nombre (1 à 6) des compétences qui, selon cette théorie, seraient ancrées en nous dès la naissance.
Pourtant, à l’instar de la sociobiologie, la psychologie évolutionniste divise. Ses détracteurs lui reprochent une interprétation réductrice de la théorie darwinienne, mais surtout une fragilité méthodologique et un caractère spéculatif. Son principal écueil réside dans la difficulté à prouver empiriquement ses hypothèses. Il est exact que les conclusions de ceux qui défendent à cette psychologie relèvent parfois de l'inférence. Les mécanismes évolutifs agissent sur des échelles de temps immenses, et reconstruire leur impact sur des traits psychologiques relève souvent de la narration plausible (just-so stories) plutôt que de la démonstration rigoureuse.
On peut aussi lui reprocher de mettre de côté l'importance de la coévolution gène-culture (théorie de Boyd et Richerson), où les pratiques sociales façonnent à leur tour notre héritage biologique. De même, la vie sauvage de nos ancêtres reste assez idéalisée autour de la lutte sur la survie. Le développement d'une riche vie sociale (notamment autour du feu) fait aujourd'hui l'objet d'un consensus. Enfin, cette grille de lecture doit éviter de trop naturaliser les normes sociales (rapport homme/femme) ou justifier de maintenir des inégalités.
Surtout, certaines conclusions (issue de sa connexion avec la sociobiologie) ont pu politiser ce courant, comme celui de l'importance du genre et particulièrement de la supériorité de l'homme sur la femme.
Malgré ces réserves, elle demeure une approche convaincante pour donner du sens à certains biais cognitifs. Ces dysfonctionnements à l'aune de notre monde complexe reflètent possiblement des adaptations optimisées pour des contextes ancestraux — où la rapidité de décision et la sensibilité aux menaces offraient un avantage sélectif.
Références/ Inspirations
Fellows et Battey 2015 - L'évolution en 30 secondes
Cosmides et Tooby 1993 - Evolutionary Psychology A Primer
fr.wikipedia.org-Psychologie évolutionniste
Psychologie évolutionniste lecerclepsy
Liens
20251023 - Théorie de l'évolution - généralités
Commentaires
Date
2025-10-23