20250519 - Spiritueux - production - semi-industriel - débat
La production de spiritueux est parfois décrite comme semi-industrielle, car elle se situe entre les approches artisanale et industrielle. Cependant, cette qualification reste imprécise et source de confusion.
Dans la littérature académique, deux catégories dominent : artisanale (petite échelle, méthodes traditionnelles) et industrielle (grande échelle, automatisation). Sur le plan juridique, notamment dans le Règlement (UE) 2019/787, seule la classification industrielle est retenue, malgré les critiques (1). Le terme « semi-industriel » n’est défini ni par des critères objectifs (volume, automatisation, techniques de distillation) ni par les textes réglementaires.
Il est parfois employé à des fins commerciales pour évoquer un mélange de tradition et de modernité, comme dans la production de la Spirits Valley. Pourtant, les réglementations européennes privilégient des critères techniques (méthodes de distillation, origine géographique) plutôt qu’une catégorie intermédiaire.
Des études soulignent que les consommateurs sont sensibles aux mentions « batch » ou « craft », mais « semi-industriel » ne renvoie à aucune réalité claire. Son usage pourrait occulter des procédés majoritairement industriels, agrémentés d’étapes mineures artisanales (par exemple, l’ajout manuel d’arômes).
En l’absence de définition académique ou légale, il serait plus rigoureux d’utiliser des termes précis pour décrire les méthodes de production.
Adaptation de :
20250811 - Boissons alcoolisées - classification agricole vs industrielle - Europe - critiques
Références/ Inspirations
Marmayou 2021 - La complexité juridique des rhums ultramarins français
Rochdi et Rochard 2017 - Aliments liquides et alcooliques vus (bus) par le juriste exemple des vins et spiritueux
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2025-05-19