003 Pourquoi ce blog

Internet est-il mort? Cette théorie complotiste parmi d’autres sur les réseaux sociaux, suggère que les interactions humaines en ligne auraient disparu, remplacées par des bots, et que la majorité des contenus serait désormais générée par des algorithmes.
Ce n'est pas tout à fait vrai, même si le futur semble se construire autour de cette idée.
Il y a certes de plus en plus de machines sur internet, mais aussi d'humains.
Mais d'une certaine manière, l’Internet des origines n’existe plus, comme l'a constaté Tim Berners-Lee, le père de l’Internet dans un entretien donné à Vanity Fair en juillet 2018. L'idée de départ était de proposer un égal accès à l'information et une décentralisation qui mettait tout le monde sur le même pied d'égalité.

Ma génération a connu une époque sans Internet (jusqu’à mes 23 ans, pour ma part). Je me souviens encore de l’émotion de ma première connexion, en 1993, à la bibliothèque de l’Université de Montréal, lors d’une année d'échange Erasmus. Nous ignorions alors à quel point cette révolution allait transformer nos vies, mais l’accès soudain à un océan de connaissances était enivrant.

Pendant une quinzaine d’années, Internet a incarné l’idéal : un accès libre au savoir et une connexion illimitée au monde, dans toute sa diversité.

Puis, les modèles économiques ont progressivement altéré cette promesse. Leur objectif ? Capter notre attention, cette ressource à la fois fragile et précieuse, pour la convertir en données monétisables.

Le résultat est sans appel : une merdification (pour reprendre le terme de Cory Doctorow) des principales plateformes, où dominent désormais des contenus simplistes et émotionnels, comme les fake news. Avec l’avènement de l’intelligence artificielle, cette tendance ne fera que s’accélérer, rendant la prophétie de la « mort d’Internet » plus plausible que jamais.

Alors, comment résister ?
Inutile de tenter de réformer les géants du numérique, trop avides pour renoncer à l’or que représentent nos données en nettoyant leurs contenus de faible valeur.
Peut-être la solution réside-t-elle dans la création d’oasis numériques, à l’image de ce blog ou de certains podcasts, qui renouent avec l’esprit originel du web ?

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